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Seul le proncé fait foi

 

Monsieur le Maire,

Dans le cadre de cette intervention, en complément de celle faite par Patrick LINDET, je m'appesantirai uniquement sur l'aspect investissements de ce Budget Primitif.

Tout d'abord, il convient de noter que les dépenses d'équipement passent de 17 694 400 € à 14 678 000 €, soit une diminution d'un peu plus de 3 millions d'euros ou une diminution de 17 %. Cela fait directement écho à la discussion que nous avons pu avoir lors du Débat d'Orientation Budgétaire sur l'importance, le nécessaire soutien de l'économie, de la croissance, par l'investissement des collectivités locales.

Sur ce qui nous occupe et qui nous est présenté, un constat : des plans de continuation sur le logement, de l'entretien courant pour l'essentiel. En somme, la continuation d'une politique déjà menée depuis 6 ans.

Qu'est ce qui est véritablement significatif, véritablement nouveau, de nature à créer de nouvelles sources d'attractivité ?

On note une piste de roller pour 270 000 € ; une subvention d'équipement à la CUA pour 400 000 €, et ce pour des investissements relativement modestes, pour l'éclairage public notamment. Ensuite, l'ouverture de crédits pour débuter les travaux du parvis de la gare SNCF. Rappelons une fois encore, si cela est utile, que ces travaux doivent s'intégrer dans une vision beaucoup plus large de ce quartier de la gare qui est une porte d'entrée de la ville, nécessairement destiné à l'intermodalité des transports, aux pépinières d'entreprises, bref à l'activité économique en devenir. Cela méritait d'être rappelé.

Quoi d'autre ? Un parc en cœur de ville, sur le site de Providence. Sûrement très beau, mais quel impact sur la redynamisation du cœur de ville, sur l'attractivité économique ? La question est posée.

En fait, ce budget d'investissement est criant par ces manques : manque  de vision, manque de perspectives, aucune prise de risque, aucun signe envers les investisseurs, les entrepreneurs, ceux qui pourraient vouloir s'installer durablement dans notre ville...

Alors, parmi les manques que j'évoquais, la lecture du document ne dit rien sur la réfection de la voirie. C'est à dire, rien sur la Grande Rue, rien sur la rue aux Sieurs et les rues adjacentes de l'hyper-centre. Nous pourrions lister d'autres rues qui ont vu, au fil du temps, la bande de roulement se dégrader, les trottoirs, pavés ou non, se détériorer au grand dam des alençonnaises, des alençonnais.

À ce sujet d’ailleurs, il a parfois été invoqué dans cette assemblée, ailleurs aussi, l’inscription de notre ville à différents labels qui tiennent comptes de notre histoire, de notre architecture, de notre patrimoine. Généralement les communes qui s’inscrivent dans une telle démarche se dotent d'une stratégie, d’un plan pluriannuel des travaux à conduire, et ce plan concerne aussi la voirie, avec un fléchage financier très précis en autorisation de programmes, mais surtout chaque année en crédit de paiement. Et, généralement aussi, lorsqu’on porte une telle volonté, on profite du début de la mandature pour engager le programme qui, je le rappelle, à une incidence directe sur le développement touristique, sur le rayonnement municipal et aussi, potentiellement, sur l’activité économique locale des artisans, des PME, pour peu que l’on se dote de cahiers des charges afférents aux marchés de travaux publics qui favorisent l’allotissement au plus fin des travaux, qui insèrent des clauses sociales et environnementales de nature à pouvoir être relevées par nos acteurs locaux. Je passe aussi sur le confort quotidien des piétons, des usagers motorisés, des cyclistes...

Manifestement, la voirie ce n’était pas votre sujet lors de votre précédent mandat, il semble que ça ne le soit pas plus maintenant !

Premier point qui nous interpelle lorsque l'on prend le détail des crédits d’investissements sous l'angle géographique, par quartier, là aussi un constat s’impose : le Boulevard Duchamp et la Croix-Mercier sont les grands oubliés. Une fois encore, serait-on tenté de dire. Certes, des programmes engagés doivent être poursuivis. Cela prend parfois du temps. Pour autant, dans ces quartiers, des demandes légitimes émanent de riverains. Il n’eût pas été inconcevables d’envoyer des signes aux habitants de ces deux quartiers qui, parfois, ne demandent que quelques aménagements, qui ne sont pas aussi conséquents que cela. La solidarité de traitement entre les quartiers de la ville exige que tous puissent bénéficier d’investissements. Je suis certain que les rencontres que nous aurons, à l'issu de ce BP, avec les habitants du Boulevard Duchamp et de la Croix-Mercier seront tout à fait éloquents sur le sujet...

Je ne voudrais pas me livrer à un inventaire à la Prévert des manques, mais tout de même, un mot s’impose sur le centre-ville et de sa voirie (j'en ai parlé). Rien à nouveau sur une halle couverte pour les marchés. Quels moyens sur le développement du tourisme via un programme dédié ? Que dire aussi sur les modes de garde des enfants ou l’aide à la mobilité, sur l'adaptation de l'offre de services à la lutte contre le chômage...

Autre point, peut-être des crédits sont-ils disséminés au fil des chapitres, mais nous ne voyons pas un focus analytique d’investissements relatifs à la mise en conformité de l’espace public quant aux nombreuses problématiques liées aux différents handicaps et à la mobilité réduite (la ville d’Alençon a été signalée sur ce sujet, y compris par des médias nationaux. Nous en avions discuté il y a quelques mois. Nous nous étonnons donc que ce point n’apparaisse pas clairement dans les documents de séance, alors que c’est un point crucial, qui s’inscrit dans la durée et qui nécessite des crédits. Soit ils existent et les retracer eût été une bonne chose, soit ils sont minces et la mise en conformité de notre espace public risque de prendre un temps très long...

Les sujets sont nombreux, les lignes budgétaires, décidément, ne nous en apprennent guère sur la volonté d’aller de l’avant, de se projeter et pas simplement de gérer petitement.

La conclusion de ce BP, pour cette section, c’est « pas d’investissements emblématiques ». C’est tout de même incroyable qu’en début de mandat, alors que nous avons des capacités financières, de part notre autofinancement, de part la possibilité de recourir à l’emprunt à un moment ou jamais dans l’histoire moderne les taux n’ont été aussi bas, nous n’ayons d’autres ambitions qu’une piste de roller, un parc urbain, quelques dépenses de renouvellement techniques ou d’entretien patrimonial.

Il y a là, nous semble-t-il, un décalage énorme entre ce que doit être un budget primitif de début de mandature, notamment de part ses investissements et les attentes des alençonnais. Des continuations, quelques entretiens nécessaires, des créations faméliques, pour ne pas dire symboliques, c’est à peu près tout. Nous considérons que c’est parfaitement insuffisant au regard des problématiques qui sont les nôtres, rappelons-en quelques-unes : perte de population, économie moribonde, désengagement des services déconcentrés de l'Etat, chômage des jeunes et grande difficulté à les maintenir sur notre territoire ou à les faire revenir lorsqu’ils le quittent pour leurs études par exemple, travail perfectible sur la notoriété de la ville et notre offre touristique pour ne citer que ces points.

Nous avions des craintes quant à une politique que nous souhaitions pro-active dans un monde en mutation, dans une France inquiète, dans un bassin de vie qui doit relever des défis et, malheureusement, ce budget primitif n’est pas de nature à lever nos doutes.

Je vous remercie.

                                      Pour le groupe « unis et fiers d'Alençon »

                                                        Ludovic ASSIER